St. Augustin

Vue d’ensemble de la vie

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Questions et réponses sur St. Augustin.

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Augustin est né à Tagaste, une modeste communauté romaine dans une vallée fluviale à 40 miles (64 km) de la côte méditerranéenne en Afrique, près du point où le placage de la civilisation romaine s’amincit dans les hautes terres de Numidie. Les parents d’Augustin appartenaient à la classe respectable de la société romaine, libre de vivre du travail des autres, mais leurs moyens étaient parfois limités. Ils parvinrent, parfois en empruntant de l’argent, à donner à Augustin une éducation de premier ordre et, bien qu’il ait eu au moins un frère et une sœur, il semble avoir été le seul enfant envoyé à l’école. Il a d’abord étudié à Tagaste, puis dans la ville universitaire voisine de Madauros, et enfin à Carthage, la grande ville de l’Afrique romaine. Après un bref passage dans l’enseignement à Tagaste, il retourna à Carthage pour enseigner la rhétorique, la science première du gentilhomme romain, et il était manifestement très bon dans ce domaine.

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Alors qu’il est encore à Carthage, il écrit un court ouvrage philosophique visant à afficher ses propres mérites et à faire avancer sa carrière ; malheureusement, il est perdu. À 28 ans, inquiet et ambitieux, Augustin quitte l’Afrique en 383 pour faire carrière à Rome. Il y enseigne brièvement avant d’être nommé professeur impérial de rhétorique à Milan. Résidence habituelle de l’empereur à l’époque, Milan était la capitale de facto de l’Empire romain d’Occident et le lieu où l’on faisait le mieux carrière. Augustin nous dit que lui, et les nombreux membres de sa famille qui l’accompagnaient, n’attendaient rien de moins qu’un poste de gouverneur de province comme récompense éventuelle – et lucrative – de ses mérites.

La carrière d’Augustin s’échoue cependant à Milan. Après seulement deux ans passés là-bas, il démissionne de son poste d’enseignant et, après un examen de conscience et une apparente oisiveté, reprend le chemin de sa ville natale de Tagaste. Il y passe son temps en tant que châtelain cultivé, s’occupant des biens de sa famille, élevant le fils Adeodatus que lui a laissé son amante de longue date (dont le nom est inconnu) issue des classes inférieures, et poursuivant ses activités littéraires. La mort de ce fils, alors qu’il n’était encore qu’un adolescent, ne laissa à Augustin aucune obligation de transmettre les biens familiaux ; il en disposa donc et se retrouva, à l’âge de 36 ans, littéralement pressé de servir contre son gré comme ecclésiastique subalterne dans la ville côtière d’Hippone, au nord de Tagaste.

La transformation ne fut pas entièrement surprenante. Augustin avait toujours été un barbouilleur dans une forme ou une autre de la religion chrétienne, et l’effondrement de sa carrière à Milan a été associé à une intensification de la religiosité. Tous ses écrits à partir de cette époque sont motivés par son allégeance à une forme particulière de christianisme, à la fois orthodoxe et intellectuel. Ses coreligionnaires d’Afrique du Nord ont accepté avec difficulté sa position et son style distinctifs, et Augustin a choisi de s’associer à la branche “officielle” du christianisme, approuvée par les empereurs et honnie par les branches les plus enthousiastes et les plus nombreuses de l’église africaine. Les capacités littéraires et intellectuelles d’Augustin lui ont cependant permis d’articuler sa vision du christianisme d’une manière qui le distinguait de ses contemporains africains. Son don unique était la capacité d’écrire à un niveau théorique élevé pour les lecteurs les plus avertis, tout en étant capable de prononcer des sermons avec feu et férocité dans un idiome qu’un public moins cultivé pouvait admirer.

Rendu “presbytre” (en gros, un prêtre, mais avec moins d’autorité que le clergé moderne portant ce titre) à Hippone en 391, Augustin y devint évêque en 395 ou 396 et passa le reste de sa vie dans cette fonction. Hippone était une ville commerçante, sans la richesse et la culture de Carthage ou de Rome, et Augustin ne s’y sentait jamais tout à fait chez lui. Il se rendait à Carthage plusieurs mois par an pour s’occuper d’affaires ecclésiastiques dans un environnement plus accueillant pour ses talents que celui de sa ville d’adoption.

Le parcours éducatif et le milieu culturel d’Augustin l’ont formé à l’art de la rhétorique : déclarer le pouvoir de soi par un discours qui différencie l’orateur de ses semblables et fait basculer la foule pour qu’elle suive ses vues. La coïncidence entre la formation et le talent naturel d’Augustin est illustrée par un épisode où, alors qu’il avait une soixantaine d’années, il s’est retrouvé à devoir réprimer par la force de sa personnalité et de ses mots une émeute naissante lors d’une visite de la ville de Caesarea Mauretanensis. Le style du rhétoricien se retrouve dans son personnage ecclésiastique tout au long de sa carrière. Il n’était jamais à court de controverses à mener, généralement avec d’autres personnes de sa propre religion. Pendant ses années de rusticité et au début de son séjour à Hippone, il a écrit livre après livre pour attaquer le manichéisme, une secte chrétienne qu’il avait rejointe à la fin de son adolescence et qu’il a quittée 10 ans plus tard lorsqu’il est devenu impolitique de rester avec eux.

Pendant les 20 années suivantes, des années 390 aux années 410, il était préoccupé par la lutte pour faire prévaloir sa propre marque de christianisme sur toutes les autres en Afrique. La tradition chrétienne africaine autochtone s’était attirée les foudres des empereurs chrétiens qui avaient succédé à Constantin (qui régna de 305 à 337) et était considérée comme schismatique ; elle portait le nom de donatisme, du nom de Donat, l’un de ses premiers dirigeants. Augustin et son principal collègue de l’Église officielle, l’évêque Aurelius de Carthage, ont mené une campagne habile et implacable contre le donatisme avec leurs livres, en recrutant des partisans parmi les dirigeants de l’Église et en faisant soigneusement appel aux autorités romaines. En 411, l’empereur régnant envoya un représentant officiel à Carthage pour régler la querelle. Un débat public tenu en trois sessions du 1er au 8 juin, auquel assistaient des centaines d’évêques de chaque côté, se termina par un jugement en faveur de l’Église officielle. Les restrictions légales sur le donatisme qui s’ensuivirent décidèrent de la lutte en faveur du parti d’Augustin.

Sandro Botticelli : fresque de Saint Augustin
Sandro Botticelli : fresque de Saint Augustin

St. Augustin, fresque de Sandro Botticelli, 1480 ; dans l’église d’Ognissanti, à Florence.

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Même alors, à l’approche de sa soixantième année, Augustin trouve un dernier grand défi à relever. S’offusquant des implications des enseignements d’un prédicateur de société itinérant nommé Pélage, Augustin s’est progressivement enflammé pour polémiquer sur les idées que Pélage a pu ou non épouser. Les autres ecclésiastiques de l’époque étaient perplexes et réagissaient avec une certaine prudence à l’égard d’Augustin, mais celui-ci persistait, relançant même la bataille contre les moines austères et les évêques dignes dans les années 420. Pelagius et son disciple Celestius furent finalement excommuniés en 418, après avoir été condamnés par deux conciles d’évêques africains en 416 et à nouveau à Carthage en 418. Au moment de sa mort, Augustin était engagé dans une polémique littéraire avec le dernier et le plus urbain de ses adversaires, l’évêque italien Julien d’Eclanum, qui continuait à affirmer la vision pélagienne.

Au cours de ces années, Augustin s’était soigneusement construit une réputation d’écrivain dans toute l’Afrique et au-delà. Sa culture minutieuse de correspondants choisis avait fait connaître son nom en Gaule, en Espagne, en Italie et au Moyen-Orient, et ses livres étaient largement diffusés dans le monde méditerranéen. Au cours de ses dernières années, il a compilé un catalogue minutieux de ses livres, qu’il a annotés avec une défensive hargneuse pour éviter les accusations d’incohérence. Il avait des adversaires, dont beaucoup étaient enflammés dans leurs attaques contre lui, mais il conservait généralement leur respect par la puissance et l’efficacité de ses écrits.

Sa renommée nonobstant, Augustin est mort avec son héritage local terni par la conquête étrangère. Lorsqu’il était jeune homme, il était inconcevable que la Pax Romana puisse tomber, mais au cours de sa dernière année, il s’est retrouvé, avec ses concitoyens d’Hippone, prisonnier d’un siège mis en place par une armée hétéroclite d’envahisseurs qui avaient déferlé en Afrique par le détroit de Gibraltar. Appelées les Vandales par les contemporains, les forces d’attaque étaient composées d’un groupe mixte de “barbares” et d’aventuriers à la recherche d’un foyer. Hippone tombe peu après la mort d’Augustin et Carthage peu de temps après. Les Vandales, tenants d’une version plus farouchement particulariste du credo chrétien que tous ceux avec lesquels Augustin avait vécu en Afrique, régneront en Afrique pendant un siècle, jusqu’à ce que des forces romaines envoyées de Constantinople envahissent à nouveau et renversent leur régime. Mais l’héritage d’Augustin dans sa patrie s’est effectivement achevé de son vivant. Un renouveau du christianisme orthodoxe au VIe siècle sous le patronage de Constantinople a pris fin au VIIe siècle avec les invasions islamiques qui ont définitivement retiré l’Afrique du Nord de la sphère d’influence chrétienne jusqu’à la mince christianisation du colonialisme français au XIXe siècle.

Augustin a survécu dans ses livres. Son habitude de les cataloguer a bien servi ses collaborateurs survivants. D’une manière ou d’une autre, l’essentiel de l’œuvre littéraire d’Augustin a survécu et s’est échappé intact d’Afrique. On raconte que sa dépouille mortelle est allée en Sardaigne, puis à Pavie (Italie), où un sanctuaire concentre la vénération sur ce que l’on dit être cette dépouille. Quelle que soit la véracité de l’histoire, un certain retrait organisé en Sardaigne de la part des disciples d’Augustin, portant son corps et ses livres, n’est pas impossible et reste la meilleure supposition.

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